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Sergio Leone : découvre l’italien qui révolutionna le cinéma

Sergio Leone. Ce nom devenu légendaire est associé à l’un des plus grands réalisateurs italiens de tous les temps. Pourtant Sergio n’a vraiment été pris au sérieux que vers la fin de sa carrière. Appelé père du western-spaghetti ou le maître de l’aventure, je te propose de revenir sur les traces d’un grand Monsieur du cinéma.

Sergio Leone
Sergio Leone sur le plateau de tournage de “Il était une fois en Amérique”

 

L’enfance et les débuts de Sergio Leone

Née le 3 janvier 1929 à Rome en Italie, sa destinée semble être liée au cinéma dès sa plus tendre enfance. Sa mère est l’actrice Bice Valerian  et son père est le réalisateur Roberto Roberti l’un des pionniers du cinéma italien. Le père de Sergio Leone sera le réalisateur du 1er western italien : la vampire indienne sortie en 1913.

Malgré la réussite des parents, continuer à produire des films pendant la période entre les deux grandes guerres se révèle très compliqué. Durant les années 1930, l’Italie est marquée par la montée en force du fascisme. Le père de Sergio Leone s’oppose vivement à ce régime politique. Il sera donc interdit de plateau de tournage pendant 10 ans. Sergio trouve refuge dans les grands classiques de John Ford : réalisateur américain qui l’éduque sur l’histoire américaine et le genre western.

À 18 ans, Sergio trouve un poste d’assistant-réalisateur. Il a alors la chance de travailler et d’apprendre aux côtés de grands réalisateurs comme :

  • Vittorio De Sica
  • Mario Camerini : son parrain qui lui enseignera les ficelles du métier

Son apprentissage et ascension comme réalisateur

Vers la fin des années 1950, de grandes productions américaines viennent en Italie pour tourner leur péplum dans les studios de cinecitta. De nombreux postes d’assistants-réalisateurs sont à pourvoir. Sergio Léone n’apprécie guère le genre péplum mais y voit une opportunité d’apprendre aux côtés de grands réalisateurs américains.

Sergio va ainsi travailler avec :

  • Robert Wise
  • William Willer
  • Robert Aldrich

Pendant 10 ans, Sergio Leone va se former et perfectionner ses talents de réalisateurs sur des péplums comme:

  • Hélène de Troie
  • Quo Vadis
  • Les derniers jours de Pompei
  • Sodome et Gommorrhe

Grâce à l’expérience acquise, Sergio s’impose auprès des producteurs et se voit confier en 1961 la réalisation d’une superproduction : le colosse de Rhodes.

Le_Colosse_de_Rhodes

Sergio Leone : le réalisateur

Le Colosse de Rhodes

Même si sur la forme, son premier péplum n’est que peu différent des autres films du même genre à l’époque sur le fond Sergio y apporte sa touche. Il détourne les codes du genre en changeant l’histoire mythologique en film d’espionnage.

Lorsque le film sort, le succès est immédiat. Le réalisateur doit refuser quotidiennement des propositions de projets de péplum. À l’époque, le genre commence à s’épuiser. Sergio se tourne alors vers un autre genre qui lui tient plus à coeur : le western.

Sergio Leone et le western spaghetti

Si la paternité du western spaghetti a souvent été attribuée à Sergio, ce n’est pas réellement exact car avant lui 25 autres films westerns italiens avaient déjà été produits.

C’est ainsi qu’il réalise le premier long métrage de sa trilogie du dollar : pour une poignée de dollars en 1964.

pour une poignée de dollars

Le film est en réalité un remake modifié du film “le garde du corps” réalisé en 1961.

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Dans les 2 films, on suit l’arrivée d’un étranger dans une ville dans laquelle deux clans sont en guerre. L’étranger manipule les deux clans et les amène à s’autodétruire. Sergio admettra s’être inspiré du film des années plus tard en soulignant que le “garde du corps” état déjà une relecture d’un livre américain “Moisson rouge” de Dashell Hammett sorti en 1929. L’ironie est que ce dernier livre s’inspire lui-même du récit “Arlequin, serviteur des deux maîtres” écrit par l’italien Goldoni.

Pour interpréter le héros du film, Leone souhaite travailler avec une star américaine comme Henry Fonda mais la production ne peut se le permettre : trop cher. C’est alors qu’un certain Clint Eastwood acteur du petit écran quasi inconnu est choisi. Leone dira plus tard que tout ce qu’il lui fallait était un acteur peu cher qui savait monter à cheval. Pour 15 000$, Clint Eastwood accepte le rôle.

Sergio Leone révolutionne le genre à l’époque par l’apparition des règlements de compte à coup d’armes à feu qui donne au spectateur une expérience euphorisante de la violence.

Ennio Morricone : la musique des films de Sergio

Il est impossible de parler des films de Sergio Leone sans mentionner l’un de ses constituants majeurs : la musique. Je te propose d’en découvrir ci-dessous les plus beaux moments.

La force de la musique la rend si présente qu’elle en fait un personnage à part entière qui prend parfois le pas sur les images. Cela transforme totalement le film en un opéra. Ennio Morricone écrira très souvent sa partition en amont du tournage pour permettre au réalisateur Leone d’adapter ses dialogues et mise en scène au rythme de la musique.

À sa sortie, ” pour une poignée de dollars” reçoit de très sévères critiques qui ne comprennent pas l’oeuvre. En revanche, le public est totalement conquis et acclame le film qui va rapporter 4 millions de $ en Italie pour l’année 1964. Un succès incontestable au box-office pour cette année-là.

Ce succès permet à Leone de revenir l’année d’après pour un autre western : “Et pour quelques dollars de plus”. Dans ce nouveau film, Leone va encore plus loin en nous offrant un héros cynique qui choque la critique de l’époque par son si peu de respect pour la vie humaine. Chasseur de prime, Clint Eastwood détonne par l’attitude vénale qu’il affiche qui est à l’opposé de ceux de l’époque.  Les longs silences lors des règlements de compte permettent de jouer avec la musique et aussi avec nos nerfs pour créer un effet dramatique maximal.

Le film que Leone produira ensuite “Le bon, la brute et le méchant” sera l’un de ses grands chefs d’oeuvres. Dans ce film il poussera tous les curseurs de son style au maximum :

  • Les cowboys sont de froids cyniques intéressés uniquement par l’argent.
  • La musique est encore plus impliquée car 5 notes sont attribuées à chacun des personnages.
  • L’être humain est réduit à sa plus horrible valeur car la mort et l’argent sont liés du début à la fin du film.
  • Le duel se transforme en truel : 3 personnages se retrouvent pour régler leur compte. Ce concept va inspirer Tarantino notamment dans la réalisation de ses propres films. La scène du truel s’étire démesurément dans le temps pour rendre l’instant de vérité encore plus fort. Vois plutôt par toi même ci-dessous.

Leone veut faire du film-gangster

À la sortie du film “le bon, la brute et le truant”, le succès est énorme. Sergio Leone ressent l’envie de se tourner vers un autre genre : le gangster. Son idée est de réaliser un film qui présentera un gangster américain juif mais les producteurs ne sont pas intéressés. Leone est donc invité à continuer de faire ce qu’il fait : du western.

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“Il était une fois dans l’Ouest”

Sergio Leone va alors commencer sa seconde trilogie de film : “il était une fois”. C’est ainsi qu’il va réaliser le célèbre “Il était une fois dans l’Ouest”. Grâce à son partenariat avec le géant studio de production “Paramount”, Leone pourra filmer sur le sol américain des scènes d’une authenticité et d’une beauté folle.

Grâce à ce nouveau film, Leone peut enfin travailler avec les deux acteurs américains avec lesquels il a toujours voulu travailler : Henry Fonda et Charles Bronson. Dans ce film, Leone va jouer encore plus sur la longueur des scènes. Contrairement à sa précédente trilogie, les personnages sont motivés par une lente soif de vengeance. Ceci est illustré dès le prologue du film par un silence de pas moins de 11 minutes dans lequel 3 assassins attendent dans une gare. Dans cette scène, on voit les tueurs sous un autre jour. Quand ils ne tuent pas ils s’ennuient.

Autre nouveauté dans ce film, l’histoire se centre sur un personnage féminin fort et indépendant qui incarne l’évolution vers une nouvelle époque. Claudia Cardinale se voit ainsi offrir l’un des plus beaux rôles du genre à l’époque. Cela est tout à fait nouveau car d’habitude le western met surtout en avant la virilité.

Non je ne ferai pas le Parrain

Au début des années 1970, Sergio Leone se voit offert la réalisation d’un des films qui deviendra un pilier du cinéma toutes époques confondues : “Le Parrain”. Il souhaite en effet réaliser son propre projet inspiré du livre “the hood” dont il a acheté les droits. Comme le scénario n’est pas encore prêt, Leone continue dans le genre western avec “Il était une fois la révolution” qui peint l’histoire de la révolution mexicaine.

Et enfin : le film de toute sa vie

Après plus de 15 ans durant lesquels il s’éloigne du genre western, s’essaye aux spots publicitaires et devient uniquement producteur, Sergio Leone réalise enfin le film de sa vie : “Il était une fois en Amérique”.

Adapté d’un roman autobiographique d’un ancien gangster, le film dépeint l’avènement des gangsters aux USA en pleine période de la prohibition. Du ghetto juif des années 1920 aux plus hautes sphères du crime organisé, Sergio Leone co-écrit le script avec 5 autres personnes qui raconte une merveilleuse histoire d’amitié depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse. Leone détourne le genre pour dépeindre non pas l’ascension jusqu’au succès d’une poignée de gangsters mais une vie gâchée pleine de remords. Le tournage sera plus long que d’habitude (1 an au lieu de 3 mois d’habitude) et utilisera des pays comme la France pour les scènes (alors que l’action du film ne s’y déroule jamais).

Malheureusement pour Leone, le film n’est pas compris à sa juste valeur par le studio de production qui va complètement revoir le montage du film et l’amputer de 75 minutes. Leone est dévasté et ne reviendra plus sur un plateau de tournage avant de nombreuses années. Heureusement en 2014, une version Blu-ray est produite avec un film qui se rapproche bien plus de ce que Leone souhaitait. Le film dure 229 minutes pendant lesquelles on ne s’ennuie pas une seconde. La musique est comme toujours grâce à Morricone d’une beauté renversante.

La fin de Sergio Leone

Au début des années 1990, Leone souhaite revisiter l’histoire d’amour de Roméo et Juliette dans un décor de guerre soviétique à Leningrad. Malheureusement, il meurt d’une crise cardiaque avant le début du tournage. Il avait alors 60 ans.

Alors dis-moi: quel est ton film préféré de Sergio Leone? Partage ta réponse en commentaire de l’article. J’ai hâte de te lire.

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Cet article a 5 commentaires

    1. Sandrine Isenbart

      Avec plaisir!
      La musique de Morricone est légendaire!
      Je suis heureuse de lire qu’elle transparaît dans cet article.

  1. Samuel Delage

    Une filmographie qui donne le vertige. Un immense talent ! Très bel article.

    1. Sandrine Isenbart

      Oh que oui!
      Je suis entièrement d’accord avec toi.
      Je regrettes cependant que Sergio Leone n’ai pu réaliser son adaptation de Roméo et Juliette au temps de Leningrad.
      Quel film ça aurait donner!

  2. Virgo

    Si je ne suis pas particulièrement fan de la “trilogie du dollar”, son immense impact sur le cinéma est indéniable. On en retrouve toujours la trace aujourd’hui, dans les films de Tarantino ou même des Wachowski. Un grand monsieur du cinéma qui a donné ses lettres de noblesse au western spaghetti. Merci pour cet article très intéressant 🙂

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